Appel à renforcer les gardes-fous et à amoindrir l’exposition bancaire aux hauts risques réputationnels
8 janvier 2026 –Ayant participé à la dénonciation citoyenne des graves dérives de Credit Suisse et analysant les schémas à l’œuvre au sein d’UBS, nous répondons dans un document de 19 pages à la consultation publique sur la modification de la loi sur les banques et de l’ordonnance sur les fonds propres mise en œuvre par le SIF.
Après avoir consulté et compilé une large gamme de données disponibles, tout comme l’évolution de la prise en compte du risque réputationnel pour les institutions financières (Ciaponi & al. 2021), nous constatons au sein d’UBS l’existence de schémas récurrents de risques réputationnels élevés et d’importantes faiblesses en matière de gouvernance reflétant l’architecture de risque ayant précipité la crise Credit Suisse.
Les données collectées prouvent en particulier que le premier groupe bancaire suisse entretient des relations financières étroites et répétées avec des acteurs opérant dans certains des secteurs les plus propices aux phénomènes de corruption et de malversation: pétrole et gaz, mines, agro-industrie et commerce de matières premières.
Les données quantitatives agrégées aident à estimer l’exposition. En mai 2024, les filiales étrangères d’UBS et de Credit Suisse détenaient des investissements d’environ 29 milliards USD dans l’expansion des énergies fossiles, contre environ 20 milliards USD pour la banque mère. Les filiales étrangères d’UBS ont investi près de 8,5 milliards USD dans des entreprises de la fracturation hydraulique dans le bassin permien (Texas/USA) et 7 milliards USD dans l’exploitation du schiste à Vaca Muerta (Argentine). 7 milliards USD dans des entreprises actives active dans l’extraction pétrolière dans les sables bitumineux
de l’Alberta (Canada), ainsi que 3,6 milliards USD dans des projets de GNL au large de Cabo Delgado (Mozambique).
Nous notons au passage la dépendance d’UBS vis-à-vis du marché américain qui représente environ 34% de ses revenus dans un contexte de turbulences politiques marquées par un risque de conflictualité entre certains des principaux partenaires de la
Confédération et de retournement de tendance politique brutal.
L’analyse qualitative est encore plus parlante. Elle montre qu’un tissu de “relations d’affaires” nouées par UBS fait actuellement l’objet de mises en cause allant jusqu’à la condamnation en justice de ses partenaires. C’est le cas de ses liens avec les groupes Chevron, ExxonMobil, Gunvor, PetroAmazonas, Petrobras, Vitol, Chromite Gas Holdings, Caramuru mais aussi avec plusieurs personnes politiquement exposées (PPE) dont l’ancien président yéménite Saleh, l’ex-président de RDC Kabila et les oligarques kazakhs Ablyazov et Utemuratov.
Données quantitatives et qualitatives établissent un profil de risque convergent susceptible, à moyen ou long terme, de déclencher une nouvelle crise de confiance, des sorties rapides de liquidités et des effets dominos. Trois ans à peine après la
déroute de Credit Suisse, cette situation est incompatible avec les objectifs de stabilité financière, de “gestion conservatrice des risques” et de surveillance crédible que la Suisse s’est fixée.
BreakFree Suisse soutient donc la proposition d’augmentation des obligations de fonds propres portée par le Conseil Fédéral, et considère indispensable de l’associer à des mesures complémentaires, dont fait partie le renforcement des pouvoirs de la FINMA.
Mesure additionnelle cruciale : la mise en place d’une réglementation financière prudentielle conduisant les groupes bancaires suisses à amoindrir substantiellement leurs partenariats d’affaires avec les secteurs considérés par FedPol comme à haut risque de corruption, par voie de conséquence réputationnel.
Contacts:
Camille Delgrange, camille.delgrange0@gmail.com, +41768398868
Guillaume Durin guillaume_durin@protonmail.ch Whatsapp/Signal: 0033664948443



