20 mai 2026 – Version mise à jour de notre rapport 2026 sur les investisseurs suisses dans le système ICE

Il y a trois mois, nos premières recherches ont révélé des données d’investissement de 10 grands acteurs financiers suisses dans 5 sociétés états-uniennes prestataires de services de l’agence fédérale ICE : Palantir, AT&T, Geo Group, CoreCivic et CACI International. Ces sociétés sont des maillons essentiels de la chaîne de soutien de ICE en matière de surveillance, de répression et d’expulsion.

Les 10 investisseurs sont : UBS, la Banque nationale suisse (BNS), la Banque cantonale de Zurich (ZKB), Pictet, Lombard Odier, Swiss Life, Zurich Insurance, la Banque cantonale vaudoise (BVC), Julius Baer et l’Union Bancaire Privée (UBP). Ce faisant, ils violent leurs propres engagements en matière de protection des droits humains. Ils prennent également d’importants risques réputationnels et contribuent, par leur silence en tant qu’actionnaires, à la violation continue des droits humains par les forces de l’ICE.

Principaux points à retenir:

> UBS est désormais le 3e ou le 4e (en fonction de décompte) actionnaire du GEO Group, deuxième sous-traitant de ICE dont plusieurs cadres et conseillers proviennent de l’agence. D’autres investisseurs suisses comme la BNS, la BCV et l’UBP ont accru leur participation dans la structure actionnariale de certains sous-traitants de ICE.

> Des fuites internes ont mis en évidence des violations massives des droits humains : 12 000 enfants de nationalité états-unienne ont vu leurs parents expulsés au cours des sept premiers mois de 2025 ; une somme conséquente d’e-mails internes montre que les actes de violence à l’encontre des migrants dans les centres de détention privés ont été démultipliés entre 2024 et 2025 ; plus de 4 300 décisions de justice ont jugé illégales les détentions de ICE sans que l’agence ne modifie ses pratiques et alors que l’administration cible le corps judiciaire qui s’oppose à ses directives ; GEO Group fait l’objet de sept procès devant des tribunaux fédéraux pour suspicion de travail forcé ; enfin, selon un haut responsable de ICE, Palantir aurait fourni aux forces de ICE une liste de 20 millions de personnes ciblées.

> La tendance générale révèle de graves lacunes en matière de responsabilité et de perception des risques de la part des investisseurs suisses, ce qui affecte la crédibilité de la place financière suisse, trois ans après la chute du Credit Suisse, alors même qu’UBS est toujours impliquée dans l’affaire des biens juifs spoliés, et plusieurs décennies après que la collaboration des deux grandes banques suisses avec le régime de l’apartheid a été mise au jour.

> En l’absence de toute véritable transparence et compte tenu de plusieurs contradictions majeures et de recommandations officielles ignorées, l’argument de « l’investissement passif » utilisé par certains investisseurs impliqués ressemble à une manœuvre dilatoire.

Impact des versions de février et mars de l’étude : le conseil municipal de Minneapolis s’est servi des données collectées pour voter une résolution exigeant des investisseurs européens qu’ils se désengagent de GEO Group, Corecivic, Palantir et CACI International.

Couverture médiatique : RTS SRF / SwissInfo / RTS Tout un Monde / Le Temps / Le Courrier / 24Heures / La Tribune de Genève / Blick / Watson / Reuters

L’ONG Stand Earth a publié une suite à notre étude sur les investisseurs canadiens et américains : https://stand.earth/press-releases/canadian-public-pensions-canada-banks-profit-35-billion-ice-contractors/, et dans les médias : https://globalnews.ca/news/11751185/canadian-banks-pension-funds-billions-ice-contractors/

 

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